Hello ! Nous c’est Anaël, Anouk et Moon. En 2023, nous sommes partis pendant 3 mois, d’ avril à juin, aux Etats-Unis dans une voiture.

Nous sommes partie de l’ouest du Québec, pour dans un premier temps nous rendre sur la côte Pacifique, une traversée est-ouest du continent américain, ce qui représente environ 2500 miles (4000 kilomètres).
Départ depuis le Canada
Notre point de départ se situait à Montpellier, dans la région de l’Outaouais, entre Montréal et Ottawa. C’est là que nous avons passé l’hiver, à la Meute Tanwen, en tant qu’apprentis mushers. Nous n’avions pas d’itinéraire précis, seulement quelques parcs nationaux que nous rêvions de traverser, et deux objectifs : participer au freeride de Maryhill, entre Seattle et Portland, à la fin avril, et rejoindre la famille d’Anaël à San Diego.
Les chutes du Niagara et le lac Ontario
Notre voyage a débuté en direction d’Ottawa, à environ deux heures de route. Nous sommes partis en fin de journée, et avons donc passé notre première nuit sur un parking dans la banlieue d’Ottawa — pas hyper confortable, je vous l’accorde. C’était l’occasion de manger notre dernière poutine avant trois mois de voyage loin du Québec.
Le lendemain, nous avons poursuivi la route jusqu’aux berges du lac Ontario. Un endroit exceptionnel pour qui est habitué aux lacs français : on ne voit pas l’autre rive. Avec le vent, les vagues sur le rivage donnaient l’impression d’être en bord de mer. C’est là que nous avons passé notre deuxième nuit, encore sur un parking, mais cette fois avec un accès à un parc et des plages.
Pour notre troisième journée, nous avons longé le lac dans toute sa longueur, traversé Toronto sans vraiment nous arrêter, en direction des chutes du Niagara. Je n’avais pas vraiment vérifié leur localisation, et à part quelques photos de la cascade, je ne connaissais rien des alentours. Première surprise : ce n’était pas du tout dans une zone naturelle, mais bien en bord de route, entouré d’immeubles, avec la file d’attente pour passer la douane américaine juste à côté. Autre découverte : les parkings et l’accès aux sites naturels sont très souvent payants. Nous nous sommes garés à vingt minutes à pied des chutes et avons payé 11 $ pour une heure de stationnement. Tout cela mis à part, l’endroit reste magique. Nous avions beau avoir vu d’innombrables photos, la quantité d’eau et le bruit des chutes étaient impressionnants. Même Moon n’en revenait pas !

Nous avons décidé de poursuivre notre voyage le long du lac Érié dans la même journée, pour nous arrêter pour la nuit sur le parking d’un départ de randonnée, à l’entrée d’un bois. Le seul souvenir que je garde de cette nuit, c’est qu’elle a probablement été l’une des plus froides du voyage. Toutes nos réserves d’eau avaient gelé au matin. Nous n’avons même pas pu nous faire de café avant de repartir. Après notre hiver canadien, je pensais — à tort — que le mois d’avril dans le nord des États-Unis serait un peu plus clément. Erreur de débutant. Nous allions vite nous rendre compte du contraire.
Passage de la frontière et arrivé à Chicago
Suite à cette nuit froide et un peu courte, nous avons filé en direction de Détroit, où nous avons décidé de passer la frontière (qui, a priori, n’était pas trop fréquentée). Néanmoins, en bons voyageurs pas vraiment préparés, nous n’avions pas fait de demande d’ESTA pour entrer sur le sol américain — ce qui est pourtant obligatoire pour les touristes français, même lors d’une entrée par voie terrestre.
Après avoir rempli un premier formulaire, nous avons dû faire demi-tour, retourner au Canada, et trouver un parking de McDo pour faire notre demande de permis de séjour (nous n’avions pas Internet, et avons donc, tout au long du voyage, squatté les parkings de fast-food et de Walmart). Heureusement, la confirmation est arrivée au bout d’une heure. Ensuite, rebelote : traversée du pont, passage à la douane américaine, fouille de la voiture… Heureusement, nous sommes tombés sur le même douanier, qui a essayé d’accélérer un peu les choses. Environ trois heures après notre première tentative, nous entrions enfin sur le territoire américain, avec un permis de séjour de trois mois — le maximum autorisé pour les touristes français.
Nous avons passé notre première nuit américaine à quelques kilomètres de Détroit, sur un spot iOverlander au bord d’un lac, super tranquille, quoique un peu difficile d’accès. Le contraste de température était assez incroyable : après une nuit à -15 °C la veille, nous avons dormi avec +10 °C le lendemain !
Le lendemain matin, nous sommes partis tôt, avec pour objectif d’arriver en fin d’après-midi à Chicago : la première grande ville que nous allions visiter sur notre trajet. Avant d’y arriver, nous avons fait un arrêt-douche, trouvé lui aussi via iOverlander. C’était dans un centre municipal regroupant salle de sport, piscine et garderie. Les douches étaient chaudes, illimitées, et assez peu chères (5 $ la douche) ! En restant un peu sur le parking, nous avons compris qu’il s’agissait en fait d’un centre chrétien, financé par l’église de la ville. Ce type de lieu est un bon plan pour les voyageurs : propre, abordable, et rarement limité dans le temps.
Chicago
Une fois cette étape terminée, nous avons repris la route et sommes arrivés vers 17 h à Chicago.Il faisait encore très chaud. Nous nous sommes garés aux abords du Lincoln Park,où nous avons passé la soirée et la nuit. C’était notre première nuit en ville aux États-Unis. Toutes celles que nous avons passées en zone urbaine ont d’ailleurs toujours été paisibles. Bien sûr, il ne faut pas être trop gêné par la lumière ou le bruit, mais avec des rideaux, on peut facilement préserver un minimum d’intimité. Les bords de parcs sont souvent de bons spots : on y trouve des points d’eau et des toilettes publiques. Le Lincoln Park, en plus, longe le lac Michigan, qui donne cette même impression de bord de mer que le lac Ontario.
Pendant la nuit, le vent s’est levé. Nous sommes passés du t-shirt le soir à la doudoune le lendemain matin, avec des températures ressenties en négatif toute la journée. Mais rien de suffisant pour nous décourager à visiter la ville ! Nous sommes partis avec nos sacs à dos, Moon dans la veste, pour une journée complète de découverte : 14 km de marche dans Chicago, de quoi bien se mettre en jambes pour la suite.

Nuit au Walmart
À la fin de notre journée, la météo ne nous a pas vraiment donné envie de passer une nuit de plus en ville. Nous sommes donc repartis pour une cinquantaine de kilomètres, direction… un parking de Walmartpour y passer notre première nuit.
C’est une expérience à vivre au moins une fois lors d’un road trip aux États-Unis. Les Walmart autorisent presque toujours le stationnement de nuit (overnight parking) aussi bien pour les poids lourds que pour les véhicules de tourisme. Les magasins étant ouverts quasiment toute la nuit, on peut facilement y acheter son repas, un café ou encore utiliser les toilettes.
L’expérience de se faire réveiller à 23h30 par le voisin qui charge ses courses dans son coffre est plutôt mémorable. Autre gros avantage du Walmart : le réseau Wi-Fi gratuit — très utile pour les digital nomads.
Bon, cela dit, ça reste quand même une nuit passée sur le parking d’un supermarché. Je ne le ferais pas tous les jours.
Le début des parcs nationaux : les Badlands et Black Hills
Je n’ai pas grand-chose à raconter sur l’Iowa et une grande partie du Dakota du Sud. Ce sont des espaces très vastes et plats, que nous avons traversés assez rapidement (en trois jours). Nous avons quand même trouvé un State Park plutôt sympa au milieu de l’Iowa, encore fermé car hors saison, mais tout de même accessible : le Maquoketa Caves State Park. Les grottes étaient inaccessibles en raison de la saison de reproduction des chauves-souris. L’endroit était tout de même très agréable pour une petite balade. Nous avons vu une dinde, des cerfs et plein d’oiseaux. Moon a pu profiter de sa première vraie randonnée.
Le Parc national des Badlands
Les paysages époustouflants ont commencé un peu avant notre arrivée au Parc national des Badlands, dans l’ouest du Dakota du Sud. Une centaine de kilomètres avant, une grosse tempête de neige s’est abattue sur nous. Je n’avais jamais vu de paysages pareils : tout était gelé — la route, l’herbe, les maisons, la voiture… Avec le soleil, le scintillement faisait presque mal aux yeux. Le vent avait formé des congères sur la route, rendant la conduite difficile. Pour renforcer l’ambiance, nous n’avons croisé presque personne.
Arrivés au village d’Interior, à l’entrée des Badlands, nous avons emprunté la route principale du parc, la seule déneigée après la tempête car empruntée par les locaux. Nous avons pu faire une petite randonnée, les pieds dans la neige, presque seuls au milieu de ce paysage typique de l’Ouest américain.

Nous sommes ensuite redescendus au village pour passer la nuit. Une fois le repas terminé, nous nous sommes réfugiés dans le bar voisin, histoire de profiter de quelques heures au chaud avant une nuit qui s’annonçait glaciale. Le lendemain, le parc avait rouvert : sur la route principale, un ranger nous a informés que l’entrée coûtait 30 $. La veille, l’entrée était gratuite à cause de la tempête. Les chemins de randonnée restaient cependant peu praticables. Nous avons donc considéré que notre visite de la veille était suffisante, et avons repris la route vers Rapid City et les Black Hills.
Depuis quelques jours, les plaquettes de frein arrière de la voiture faisaient pas mal de bruit. Nous avons décidé de les changer à Rapid City. Les prix y sont bien plus élevés qu’en France : le garagiste le moins cher nous demandait 200 $ pour les plaquettes arrière. Nous les avons finalement trouvées à moins de 50 $ dans un magasin de pièces auto. Anaël s’y connaît pas mal en mécanique, il ne nous manquait que quelques outils.
Après une journée passée à demander aux garages s’ils pouvaient nous prêter ou louer des outils (technique qui fonctionne plutôt bien en Europe), nous avons fini par passer la nuit dans un quartier résidentiel proche de la ville. Le lendemain matin, nous sommes retournés en ville pour poursuivre notre quête. Alors que nous prenions notre café près d’un parc à chiens, miracle ! Nous avons rencontré un militaire avec qui nous avons discuté un moment (surtout de ses deux dogues allemands, qui ressemblaient plutôt à des poneys). Il nous a finalement proposé d’utiliser son garage perso (et ses outils flambants neufs) pour changer nos plaquettes.
Nous sommes repartis de chez lui avec des provisions, contre quelques cannes de sirop d’érable canadien. C’est toujours utile d’avoir des petits cadeaux sous la main dans ce genre de situation.
Les Black Hills
Direction les Black Hills. Premier arrêt : Mont Rushmore. Le parc est assez petit, et gratuit. Le parking pour y accéder, en revanche, est payant — et impossible de se garer ailleurs à proximité. En bons Français, nous avons tenté de récupérer le ticket (valable un an) de personnes sur le départ. Peine perdue : nous avons mis un moment à comprendre que ça ne fonctionnait pas aux États-Unis. Nous avons donc payé nos 10 $ de stationnement et visité le parc : point de vue sur les statues, mémorial, petite randonnée pour s’approcher des têtes.
La visite n’était pas très longue (une partie du sentier était fermée à cause de la neige), alors nous avons décidé de partir en rando un peu plus loin (hors du parc), afin de profiter d’autres points de vue sur les sculptures et les paysages environnants. Même sous la neige, les Black Hills valent le détour, je vous l’assure.

Nous avons ensuite trouvé un spot de camping sur une piste à quelques kilomètres de la route. Nous ne nous sommes pas trop aventurés avec notre voiture, pas très adaptée au tout-terrain. Il existe de nombreuses pistes aux États-Unis pour buggy, 4×4… et parfois empruntées par des voitures classiques. Le camping sauvage est souvent autorisé, pour une durée de 1 à 2 semaines (il faut bien vérifier les règles locales). L’avantage de la fin de l’hiver, c’est que nous étions presque toujours seuls sur les spots, ce qui a rendu cette partie de l’aventure vraiment sauvage et magique.
Nous sommes restés en tout trois jours dans les Black Hills. Les parcs du sud étaient encore fermés à cause de la neige, mais cela ne nous a pas empêchés de faire de nombreuses randonnées. Les Black Hills sont aussi des lieux historiques liés à la conquête de l’Ouest et à la ruée vers l’or. Il y a pas mal de mines, de musées, ou encore de boutiques de pierres précieuses et semi-précieuses à visiter.
Une fois notre séjour terminé, cap sur Deadwood, pour une immersion dans un vrai décor de western. Nous avons passé l’après-midi à déambuler dans les rues, entre saloons et magasins de souvenirs. Pour la nuit, nous avions repéré un super spot sur notre appli… qui s’est avéré être au bout d’une piste non revêtue, longue de plusieurs kilomètres. Tant pis pour la voiture, nous voilà partis pour 20 minutes de piste pleine de trous, avec encore pas mal de neige. Heureusement qu’Anaël est un bon conducteur en tout-terrain. Une fois arrivés en haut, le spot valait vraiment le détour : seuls au monde, avec une superbe vue sur toute la vallée.

Notre voyage se poursuit vers l’ouest, avec quelques arrêts sympas autour de Deadwood : Spearfish et ses alentours, ou encore la Devil’s Tower. Le prochain objectif : Yellowstone !
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