Hello ! Nous c’est Anaël, Anouk et Moon. En 2023, nous sommes partis pendant 3 mois, d’ avril à juin, aux Etats-Unis dans une voiture.

Nous sommes partis de l’ouest du Québec, avec comme premier objectif de rejoindre la côte Pacifique. Une vraie traversée est-ouest du continent nord-américain, soit environ 2 500 miles (soit près de 4 000 kilomètres). Le nord-ouest du pays reste notre plus gros coup de coeur du voyage
Le Wyoming
Le Wyoming est un État à cheval entre les grandes plaines du Far West (à l’est) et les Rocheuses (à l’ouest). Le parc de Yellowstone s’y trouve, avec ses près de 3 500 miles carrés d’espace sauvage protégé.
Nous y sommes arrivés par la route 90, au nord-est, avec un premier détour par la Devil Tower : une impressionnante “tour” de roche rouge-orangée qui surgit au milieu des plaines. Nous ne sommes pas allés jusqu’à son pied — comme souvent aux États-Unis, l’entrée était payante. Les différents points de vue accessibles depuis la route nous ont largement suffi.
Nous avons poursuivi notre route jusqu’à un State Park trouvé un peu par hasard sur Internet : Hot Springs State Park, situé dans la ville de Thermopolis. Le nom parle de lui-même : ce parc est connu pour ses sources d’eau chaude naturelles. On peut s’y promener sur des pontons aménagés qui permettent d’observer les différents bassins, les vapeurs, et les couleurs minérales des roches. Il n’est pas possible de s’y baigner directement, car l’eau est trop chaude. Mais à l’entrée du parc se trouve le State Bath House, un établissement public qui propose gratuitement des bains dans une eau tempérée, avec un temps conseillé de 20 minutes maximum.

Nous avons passé la nuit à proximité du skatepark de la ville. Le lendemain, retour au parc pour une deuxième baignade, puis découverte de l’espace situé derrière les sources : un autre parc clôturé, accessible en voiture, avec la possibilité de faire quelques balades à pied. Les roches y sont d’une teinte ocre très particulière. Et surtout, un troupeau de bisons y pâture librement — parfois très près de la route ! C’était la première fois du voyage que nous en voyions, et le spectacle était impressionnant. Attention tout de même : les bisons peuvent charger. S’il vous arrive d’en croiser sur la route, il vaut mieux couper le moteur et les laisser passer.
Yellowstone
Après cette belle étape, cap sur Yellowstone ! Nous avons d’abord tenté d’y entrer par l’est, via la ville de Cody, mais nous avons découvert que la majorité du parc était encore fermée à cause de la neige, y compris cette entrée.
Nous avons quand même passé plusieurs nuits dans un camping gratuit entre Wapiti et Pahaska Tepee, où nous avons fait la rencontre d’un véritable trappeur ! De nombreux parcs nationaux proposent ce genre de campings à proximité des entrées, certains gratuits (comme celui-ci), d’autres payants (environ 15$ par nuit). Le paiement se fait souvent de manière autonome, via une enveloppe glissée dans une boîte. On y trouve généralement des toilettes sèches, un point d’eau potable, et dans les zones à grizzlis (comme Yellowstone), une “boîte anti-ours” à chaque emplacement : un grand compartiment métallique où il est fortement recommandé de stocker nourriture et produits odorants (même dentifrice et shampoing). Cela évite que les ours ne s’intéressent à votre tente… ou votre voiture !
Ceci dit, malgré toutes ces précautions, nous n’avons vu aucun ours pendant tout notre voyage ! Pourtant, nous les avons bien cherchés. Mais mi-avril reste encore un peu tôt dans la saison pour les observer.
Nous sommes restés trois jours sur ce camp. Ce qui est génial ici, c’est que même les petites randonnées de quelques kilomètres permettent d’observer chamois, bisons, antilopes… et en grand nombre !

Pour visiter le parc malgré tout, il fallait rejoindre l’entrée nord, l’une des seules ouvertes en hiver. Nous avons donc contourné Yellowstone par le Montana, direction la petite ville de Gardiner, qui marque l’entrée nord du parc.
Une fois sur place, un ranger nous a appris que la moitié des routes du parc allait rouvrir dans quelques jours, à l’occasion de la National Park Week. Et cerise sur le gâteau : le premier jour était gratuit ! (En temps normal, l’entrée coûte 30$ et le ticket est valable une semaine.)
Nous avons donc passé trois jours à Gardiner, et honnêtement, les randonnées autour de la ville sont tout aussi spectaculaires que celles dans le parc. Nous avons vu bien plus d’animaux sauvages à Gardiner que dans Yellowstone même (bon, il faut dire que notre passage dans le parc était un peu express…).
Nous avions aussi trouvé un spot de bivouac parfait : le parking de la bibliothèque municipale ! Juste à côté d’un petit parc, avec toilettes publiques chauffées, wifi, et même une visite quotidienne d’un troupeau de bisons à la tombée de la nuit ! Ils se promenaient dans le parc et sur le parking, escortés par un ranger pour éviter les dégâts. Un soir, ils sont passés si près de la voiture que nous avons vraiment eu peur pour la carrosserie !
Visite express de Yellowstone
Nous avons visité environ un quart du parc de Yellowstone en une seule journée (bien remplie!). La majorité des routes était encore fermée à cause de la neige, ce qui rendait aussi les randonnées plus complexes — nous n’avions pas l’équipement nécessaire. Nous nous sommes donc concentrés sur les sentiers aménagés déneigés et la route principale.
Mammoth Hot Springs :
Entrée par le nord du parc. Randonnée d’environ 1h sur les palissades qui montent le long des sources. L’ambiance est presque lunaire, entre les fumerolles et les concrétions calcaires.
Grand Loop Road :
Nous avons pris la route en direction de Tower Fall, que nous avons pu admirer de loin depuis l’un des nombreux points de vue. Malheureusement, la route était fermée plus loin, nous avons donc dû faire demi-tour (env. 1h30 de trajet).
Route 89 vers le sud :
En direction des geysers, nous avons fait plusieurs arrêts le long de la route — Roaring Mountain, Norris Porcelain Basin, Gibbon Falls, et bien d’autres. Tous ces sites sont accessibles via des petits parkings, avec des sentiers aménagés. C’est une excellente manière de profiter des paysages même sans longues randonnées (env. 2h).
Old Faithful :
Probablement le geyser le plus emblématique du parc. Il mérite largement sa réputation. Il est possible de se promener autour sur des palissades, qui traversent une zone riche en petits geysers et fumerolles. Le geyser de Old Faithful entre en éruption environ toutes les 1h30 : des minuteurs sont installés un peu partout pour vous permettre de ne pas le manquer. Spectacle garanti ! (env. 2h).
Grand Prismatic Spring, Firehole Spring, Fountain Paint Pot :
En repartant vers l’entrée ouest, nous avons continué à faire des arrêts aux différentes sources. Tous les sites sont très bien aménagés, avec des sentiers sur pilotis qui permettent de circuler sans abîmer les zones fragiles. Les couleurs vives de l’eau et des roches sont vraiment saisissantes. Je pense que cette dernière partie a été ma préférée de la visite du parc (env. 2h).
Avant de sortir, nous avons fait un dernier arrêt sur le bas-côté pour observer deux loups dans la plaine en contrebas. Une belle surprise pour clôturer cette journée ! Nous avons quitté le parc en fin de journée et passé notre première nuit dans l’Idaho.





Le lendemain, nous avions repéré sur la carte une source d’eau chaude naturelle : Goldbug Hot Springs. C’est un lieu plutôt connu des locaux, donc nous n’étions pas seuls, mais l’expérience valait le détour.
Il faut compter environ 1h de randonnée (avec un peu de dénivelé) pour accéder aux bassins. L’eau chaude de la source se mêle à une rivière de montagne glacée : selon l’endroit où vous vous installez, la température varie. C’est assez original, car on peut ajuster la chaleur du bain en changeant simplement de bassin !
Nous étions un peu pressés par le temps — nous avions très envie de passer deux jours à Seattle — donc nous avons fait le reste de la route en une journée.
Seattle
Nous sommes arrivés à Issaquah au coucher du soleil, une banlieue paisible de Seattle, parfaite pour une première nuit sur place. Fidèles à nos habitudes, nous avons trouvé un emplacement tranquille pour dormir, le long d’un parc dans une rue peu fréquentée. Après un dîner rapide à base de sandwichs (pas évident d’utiliser le réchaud en pleine rue) et une balade avec Moon, nous avons filé nous coucher.
Le lendemain matin, nous avons pris le temps de découvrir les environs et de déguster un café avant de mettre le cap sur le centre de Seattle.
Avant cela, nous avions repéré un endroit pour prendre une douche — une petite mission lorsqu’on vit en itinérance. Pour cela, l’application iOverlander est précieuse : elle permet non seulement de repérer des endroits pour bivouaquer, mais aussi des douches, des points d’eau ou encore des aires pour camping-cars.
Nous avons ensuite roulé un peu dans Seattle pour trouver une place de stationnement. Bonne surprise : la ville est plus verte et plus calme que ce que nous imaginions. Même à proximité du centre-ville, de nombreux quartiers sont composés de jolies maisons avec jardins fleuris, impeccablement entretenus. Il faut dire que la saison (le printemps) aidait : les rues étaient bordées de fleurs, les arbres en pleine floraison.
Nous avons fini par nous garer dans le nord de la ville, dans un quartier résidentiel tranquille, gratuit et juste à côté d’un parc — notre combo préféré. Puis nous sommes partis explorer la ville à pied. Comme souvent en ville, nous n’avions pas vraiment de plan précis. On aime se laisser porter par l’ambiance des rues et improviser selon ce qui nous attire.

La promenade le long de l’eau vaut clairement le détour, jusqu’à la grande roue qui donne un petit air de film américain (chaque grande ville aux États-Unis semble en avoir une !). Nous avons ensuite flâné du côté du Pike Place Market, l’un des marchés les plus connus de Seattle, et bien sûr, nous sommes allés au pied de la célèbre Space Needle. Petite mention spéciale pour le skatepark juste à côté : approuvé par l’équipe !
Nous avons passé la nuit garés au même endroit. Le lendemain matin, bonne surprise : nous avons trouvé une boulangerie qui proposait des viennoiseries françaises. Elles étaient très bonnes… mais le prix nous a vite rappelé qu’on n’était pas en France !
Après une dernière balade dans le quartier, nous avons repris la route. Notre prochain objectif était en ligne de mire : le freeride de Maryhill, point de départ d’un tout autre chapitre de notre voyage.
Même si notre passage à Seattle a été assez rapide, c’est sans doute la ville que j’ai préférée pendant ce road trip. Une prochaine fois, c’est sûr, on y restera plus longtemps pour explorer ses alentours.
Le freeride de Maryhill
Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce terme — et si vous continuez à lire ce blog, il y a de fortes chances que vous l’entendiez souvent — un freeride, c’est un rassemblement de skateurs (et autres engins à roulettes non motorisés) pour descendre, pendant plusieurs jours, une route temporairement fermée à la circulation.
La Maryhill Loop Road se trouve dans l’État de Washington, juste au-dessus du fleuve Columbia. La route pour s’y rendre depuis Portland est déjà une aventure en soi, bordée de cascades impressionnantes de chaque côté.

Ce qui rend Maryhill si particulière, c’est que cette route est fermée à la circulation de manière permanente. Il s’agit en fait de la première route goudronnée du nord-ouest des États-Unis, conçue à l’origine comme un projet expérimental. Aujourd’hui, elle n’ouvre que quelques jours par an à l’occasion d’événements de voiture, skate ou de vélo, ou peut être louée comme un circuit privé.
Le freeride s’y déroule sur trois jours, avec un campement installé en bas de la colline. L’endroit est vraiment agréable, même pour une simple balade à pied, entre champs à perte de vue et grandes éoliennes.
De Portlands à la côte Pacifique
À la fin du freeride de Maryhill, nous avons pris la route en sens inverse, direction Portland, que nous n’avions pas eu le temps de visiter à l’aller. Nous avons passé une première nuit (plutôt tranquille) dans la banlieue sud-ouest de la ville, où nous avons eu la surprise d’assister à notre tout premier match — amateur — de baseball. Moon a adoré !
Le lendemain, des skateurs nous avaient donné rendez-vous sur la route de McNamee, un super spot pour le longboard, mais aussi le point de départ d’une randonnée.
Le pont en bas de la route vaut le détour, surtout pour les amateurs de photo : c’est un vieux pont ferroviaire en bois, à la structure particulièrement impressionnante. Pour terminer le tableau, des poupées de trolls sont accrochées à plusieurs endroits du pont, ce qui donne honnêtement une petite ambiance de film d’horreur.

Nous avons passé l’après-midi là-bas, avant d’aller dormir chez un skateur rencontré quelques jours plus tôt.
Le lendemain, nous avons flâné dans les rues de Portland, puis pris la route pour une autre session de skate, cette fois à l’est de la ville.Le spot était plus fréquenté, l’ambiance moins tranquille que la veille, alors nous ne nous sommes pas attardés.
Direction l’océan ! L’idée : longer la côte par la route 101, jusqu’à San Francisco. Nous avons trouvé un premier spot de camping sur un petit chemin en pente, très calme. Mais dans la nuit, un gros orage a éclaté, ce qui nous a un peu fait craindre de ne pas repartir. Mais bon, plus de peur qu’autres choses, nous avons repris la route, cap sur le Pacifique.
La côte de l’Oregon, puis celle du nord de la Californie, restent encore très sauvages. On sent pourtant qu’on se rapproche de la Californie : les stations-service sont plus chères, les espaces naturels plus rares, et les panneaux « no overnight parking » plus fréquents.
Nous avons donc davantage dormi dans des parcs ou sur des aires de stationnement le long de la route 101. Mais cela ne nous a pas empêchés de trouver des endroits incroyables : certains parkings avaient les roues quasiment dans le sable ! Nous avons aussi eu la chance d’observer des phoques… et peut-être même des orques (ou des baleines ? Difficile à dire de loin).

Ces paysages et ces moments nous ont donné envie de revenir un jour explorer plus en profondeur cette partie nord-ouest du pays, encore très préservée.
Après plusieurs jours de route, nous avons franchi la frontière de la Californie — une vraie frontière, avec contrôle de police à l’entrée ! Les semaines de vadrouille commençaient à peser, et la fatigue se faisait sentir. C’était le début de la dernière ligne droite de notre voyage.
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