Si tu voyages, ou que tu as des projets d’ailleurs, tu as peut-être déjà entendu parler du wwoofing. Cette forme de volontariat agricole, pratiquée presque partout dans le monde, permet de voyager autrement, grâce à un échange de travail contre le logement et les repas, souvent au sein de fermes engagées dans une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Il s’agit en fait d’une forme de bénévolat encadré, très populaire chez les voyageurs long terme.

Dans cet article, je te partage mon expérience de wwoofing au Québec chez un musher canadien et sa meute de chiens de traîneau, en plein hiver. L’occasion pour moi de te raconter ce que j’ai vécu sur le terrain, mais aussi de faire le point sur le fonctionnement du wwoofing et les démarches à connaître pour faire du wwoofing au Canada, avant de te lancer à ton tour, et, peut-être, de partir à l’étranger toi aussi.
Le Wwoofing, c’est quoi exactement ?
Le Wwoofing, de son nom complet “World Wide Opportunities on Organic Farms (WWOOF) est une sorte de volontariat agricole, qui se pratique en France comme à l’étranger. À l’origine, il concerne des missions au sein de fermes biologiques, engagées dans une agriculture plus durable et respectueuse de l’environnement.
Le terme s’est vite étendu à de nombreux autres types d’hébergements et d’activités. Et il est maintenant possible de partir faire du wwoofing au Canada dans une ferme biologique de l’Alberta, dans un ranch de l’Ontario, ou chez l’habitant à Montréal, via différentes plateformes comme WWOOF, mais aussi HelpX, sur laquelle j’ai personnellement trouvé cette expérience !
Si vous cherchez une expérience autre que dans une exploitation agricole, je vous conseil plutôt la plateforme HelpX, qui répertorie à la fois des fermes biologiques, des gîtes ruraux et des petites exploitations agricoles, mais des propriétés familiales, des chambres d’hôte, des ranchs, des auberges de jeunesse, et même des bateaux à voiles ! Les plateformes de volontariat / wwoofing fonctionnent généralement avec des cotisations annuelles, permettant d’accéder aux annonces des hôtes. Helpx est, il me semble, moins coûteuse que les autres.
Le Wwoofing s’adresse à tous les voyageurs qui souhaitent prendre le temps de découvrir une région, et n’ont pas peur de se retrousser un peu les manches. Le principe est simple : quelques heures de travail par jour en échange d’un logement et de la nourriture. On est donc logé et nourri pendant toute la durée du séjour. Un bon compromis pour partir à moindre coût, découvrir la culture locale de l’intérieur, et prendre le temps de voyager autrement.
Pourquoi faire du Wwoofing au Québec
Le Québec est une province canadienne pleine de richesses et de paysages très variés. Entre les forêts à perte de vue, les innombrables lacs, le centre urbain de Montréal et les bords de l’Atlantique (j’en passe), les lieux à découvrir ne manquent pas— bien trop pour un seul voyage.

Les saisons sont très marquées. Les hivers peuvent être parfois très rudes, avec des températures pouvant descendre jusqu’à -40° C, tandis que les étés sont plutôt très chauds, une période durant laquelle les Québécois profitent pleinement des immenses espaces naturels qui les entourent.
La culture québécoise fait également partie intégrante du voyage. Pourtant, elle peut être difficile à appréhender en quelques jours seulement, en restant cantonné à Montréal et sa région.
Le wwoofing au Québec permet justement de découvrir la province d’une autre manière. Le fait de s’installer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, au même endroit permet de participer au quotidien local, de mieux comprendre les habitudes de vie, de créer de vrais liens, que tu conserveras même peut être après, tout en profitant de temps libre pour explorer les environs.
Dernier avantage non-négligeable : le Canada est une destination relativement chère. Si ton budget est serré, le fait d’économiser sur le logement et la nourriture grâce au wwoofing peut clairement faire la différence et te permettre de voyager plus longtemps, sans exploser ton compte en banque. À noter tout de même que ton billet d’avion, et les éventuels transports que tu devras emprunter pour te rendre à ton volontariat sont à ta charge.
Comment faire du wwoofing au Québec et au Canada (démarche, visa, règles) ?
Passons maintenant aux questions concrètes pour partir en wwoofing au Québec : quelles sont les démarches nécessaires pour partir, en toute légalité, au Canada ?
Bonne nouvelle, deux solutions s’offrent à toi pour entrer sur le territoire canadien, selon que tu disposes ou non d’un visa de travail.
Entrer sur le territoire avec une AVE (Autorisation de Voyage Électronique)
Si ton voyage n’excède pas 6 mois, pas besoin de visa pour les ressortissants français. Il te faudra simplement faire une demande d’autorisation de voyage électronique en ligne (AVE), avant ton départ. Le coût est de 7 $ canadiens (un peu moins de 5 €).
Avantages :
- Démarche simple
- Coût très faible
- Idéale pour un premier voyage ou un wwoofing de courte durée
Inconvénient :
- Elle ne permet pas de rester longtemps chez un même hôte en wwoofing
Sur ce point, les informations sont assez floues. L’organisation WWOOF Canada note sur son site que les séjours ne devraient pas excéder 4 semaines chez un même hôte lorsqu’on entre sur le territoire avec une AVE.
Dans les faits, il faut surtout être en mesure de prouver aux autorités canadiennes que tu ne viens pas travailler illégalement, mais bien voyager. Une preuve de fonds suffisante pour subvenir à tes besoins pendant ton séjour (jusqu’à 6 mois) peut être un bon moyen de rassurer l’agent d’immigration à ton arrivée.
Entrer sur le territoire avec un PVT (Permis Vacances-Travail)
Le PVT Canada (Permis Vacances Travail), aussi appelé Working Holiday Visa, est un permis de séjour qui te permet de rester sur le territoire canadien pour une durée maximum de 2 ans, avec un visa de travail ouvert.
Pour être éligible à l’expérience Pvtiste, il faut avoir entre 18 et 35 ans.
Avec un PVT, tu peux travailler pour n’importe quel employeur canadien. Une solution bien plus simple si tu souhaites effectuer un wwoofing de plusieurs mois.
En revanche, le PVT est plus difficile à obtenir, car il est soumis à des quotas et un tirage au sort. J’ai rédigé un article spécifique sur l’obtention de mon PVT au Canada, dans lequel je détaille toutes les étapes.

Les documents indispensables avant de partir
Peu importe la solution choisie (AVE ou PVT), certains éléments sont indispensables :
- Un passeport valide sur toute la durée du voyage.
- Pour le PVT, des démarches administratives sont à réaliser avant le départ en France auprès de l’ambassade canadienne.
- Pour l’AVE, toutes les démarches s’effectuent en ligne, en quelques minutes.
Enfin, il est plus que recommandé (obligatoire dans le cadre du PVT) de souscrire à une assurance voyage qui prend à minima en charge vos soins d’urgence sur place, une responsabilité civile, ainsi qu’un éventuel rapatriement. Crois-moi, ce n’est vraiment pas la dessus qu’il faut faire des économies.
Ce qu’il faut savoir avant de partir faire du Wwoofing au Québec en hiver
Petit point sur la saison hivernale au Canada, à la fois magnifique… Et particulièrement rude. J’ai pour ma part effectué mon wwoofing au Québec de décembre à mars. L’hiver canadien faisait clairement partie de ce qui m’attirait pour ce voyage.
Il faut toutefois être honnête : mieux vaut aimer la neige, et ne pas avoir trop mal au dos, parce qu’il va falloir en pelleter !

Au Québec pendant l’hiver, il fait très froid ! Selon l’expérience de wwoofing que tu choisis, tu peux être amené à travailler en extérieur, parfois plusieurs heures par jour. Il est donc indispensable de prévoir des vêtements vraiment adaptés au grand froid.
Si tu as prévu d’acheter ton équipement sur place, c’est une très bonne idée ! Les vêtements au Québec seront plus adaptés au froid, et surtout moins chers. Il existe aussi de nombreuses boutiques de seconde main, comme le village des valeurs, ou il est possible de faire de très bonnes affaires. Pense aussi à demander à tes hôtes avant de partir, ils auront sûrement du matériel à te prêter pour les journées les plus froides.
Côté découverte des espaces naturels, l’hiver change complètement la donne. Une grande partie des sentiers de randonnée est recouverte de neige. Ce n’est donc pas la meilleure saison pour partir faire un trek de 5 jours dans un parc national, surtout si tu n’es pas équipé. Impossible aussi de naviguer sur le Saint-Laurent, ou sur des lacs qui sont complètement gelés pendant la saison.
Pour autant, d’autres activités s’offrent à toi : skidoo (motoneige), traîneau à chiens, raquettes, skis de fond, patin à glace,… De quoi s’imprégner à fond dans l’hiver québécois !
Mon expérience de Wwoofing au Québec : 4 mois chez un musher canadien
Je suis parti avec mon compagnon pour 4 mois de wwoofing au Canada dans la région de l’Outaouais, à l’Ouest du Québec. Nous travaillions chez un musher quelques jours par semaine, en échange d’une chambre en colocation au sein d’une exploitation agricole biologique voisine, et de la nourriture sous forme de courses puisque nous ne vivions pas sous le même toit.
Notre travail de wwoofer consistait principalement à nous occuper de la meute, composée d’une quarantaine de chiens, chiots compris. Cela passait par l’alimentation, le nettoyage du chenil, les soins de base, mais aussi beaucoup de temps passé à créer une relation de confiance avec les chiens, tous très différents de caractère.
Nous accompagnions également le musher lors des sorties avec les clients, en skidoo, afin de sécuriser le tracé et de veiller au bon déroulement des sorties de traîneau à chiens. Au fil de l’hiver, nous avons eu l’occasion de nous essayer — et je dirais même de plutôt bien maîtriser — la conduite d’un traîneau. Une expérience aussi grisante qu’exigeante.

Les journées se déroulaient entièrement dehors. Il fallait donc être bien équipé pour le grand froid. Rassure-toi : nous ne travaillions pas par -40 °C, mais les températures “habituelles” avoisinaient souvent les -15 °C. Contre toute attente, on s’y fait très bien… Et je suis une grande frileuse.
À côté de cette activité, nous logions au sein d’une ferme biologique. Ce n’était pas vraiment la bonne saison pour participer aux activités de cultures et de plantations. Mais il y avait par contre beaucoup d’animaux : des poules, canards, oies, et même des chevaux ! Les agriculteurs qui nous logeaient fabriquaient énormément de leur nourriture, et nous avons pu participer à leurs activités à plusieurs reprises, lorsque nous n’étions pas au chenil : conserve de légumes, charcuterie, fabrication d’hydromel (alcool de miel), …
Au-delà de la vie avec la meute — à la fois intense, physique, mais aussi pleine de moments tendres et émouvants — nous nous sommes vraiment sentis intégrés par les personnes que nous côtoyons : notre colocataire nous a présenté à tous ses amis lors de soirée de jeux de société, nous avons mangé et fait la fête chez les voisins, et même fêter un anniversaire avec la famille de notre hôte !
Un bon niveau d’anglais n’est pas forcément nécessaire au Québec, mais c’est tout de même un gros plus pour ce type d’expérience. Notamment pour échanger avec les hôtes et les autres voyageurs, et pour transformer ce séjour en véritable expérience professionnelle, même informelle.
En plus de toutes les compétences acquises et des souvenirs mémorables que cette expérience nous a laissés, nous sommes restés en contact avec notre hôte et sa famille. Malgré la distance, nous continuons encore aujourd’hui à nous donner des nouvelles. Preuve que le wwoofing, ce n’est pas seulement une manière de voyager autrement, mais aussi une façon de créer des liens durables, bien au-delà du séjour.

La fin de ce wwoofing au Québec a d’ailleurs marqué le début d’une toute nouvelle aventure : un road trip de 3 mois aux États-Unis, dont les articles sont déjà disponibles sur le blog.
Le mot de la fin
Le wwoofing au Québec peut être une expérience inoubliable, mais il faut bien se préparer. Entre l’hiver rigoureux, les conditions de travail en extérieur et la vie en communauté, il est essentiel d’être équipé, flexible, et prêt à vivre au rythme de la nature. Si tu choisis de partir, je te conseille de bien renseigner tes hôtes sur tes attentes et d’être ouvert aux imprévus.
En somme, le wwoofing au Québec est une belle manière de découvrir une autre culture, d’apprendre des compétences pratiques, de valoriser une expérience professionnelle à l’étranger, et de tisser des liens forts. Alors, prêt à relever le défi ?
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