Comment acheter une voiture au Québec avec son permis français ?

Lorsqu’on arrive au Québec pour la première fois, on se retrouve vite confronté à la problématique des déplacements. Si vous ne résidez pas en ville, il est assez difficile de se passer d’une voiture : les distances à parcourir entre deux petites villes ou villages deviennent rapidement longues, et le vélo peut être compliqué à envisager en plein hiver. D’autant plus qu’il n’est pas toujours facile de se loger juste à côté de son travail, et que les transports en commun peuvent être rares dans certaines régions.

Personnellement, l’achat d’une voiture nous a aussi permis d’explorer la région dans laquelle nous habitions, ce qui aurait été bien plus difficile, voire impossible, en stop ou en transports en commun.

Route du Québec

Alors bien sûr, une voiture, ça coûte cher, et je ne vous conseille pas d’en acheter une si vous restez seulement deux mois au Québec. Néanmoins, avec un peu d’organisation et quelques économies, il est tout à fait possible d’acheter une voiture au Québec avec son permis de conduire français. Je vous explique comment.

Se déplacer hors des grandes agglomérations au Québec

Montréal et Québec sont toutes les deux très bien desservies par les transports en commun, avec un réseau de bus bien développé à Québec, et même un métro à Montréal. Si votre projet est de vous installer dans l’une de ces deux grandes villes, acheter une voiture n’est pas forcément nécessaire. Une location de temps en temps peut même être une meilleure solution, tant du point de vue financier que logistique.

Station de métro de Montréal

Là où les choses se compliquent, c’est si vous avez prévu de vous installer en dehors des grandes agglomérations. Le Québec est une province très vaste, qui offre de nombreuses possibilités de vie, même en dehors de ses grandes villes, surtout si vous recherchez une expérience proche de la nature : dans un parc national de Gaspésie, une auberge au bord d’un lac dans les Laurentides, ou même dans le Grand Nord, à Radisson.

Se passer d’une voiture devient alors plus compliqué. Le réseau de transport en commun est souvent peu développé, y compris pour s’y rendre, et les distances représentent rapidement plusieurs heures de route.

À noter toutefois que si vous n’avez pas de véhicule, notamment au début, il existe des bus qui parcourent de longues distances, et le covoiturage est une pratique assez répandue (via des groupes Facebook ou la plateforme Amigo Express), à condition de ne pas être fixé sur une date de départ précise. Il existe aussi une ligne de train, mais je n’en ai pas fait l’expérience.

Acheter son véhicule au Québec : avantages et inconvénients de la province

Quand vous achetez une voiture au Canada, elle est immatriculée dans une province. Cela ne vous empêche pas de vous déplacer dans l’ensemble du pays, à condition de souscrire une assurance qui le permette. Pour vous simplifier au maximum la vie, il est préférable d’acheter un véhicule dans la province dans laquelle vous résidez. Dans le cas contraire, il faudra importer votre véhicule dans cette province par la suite. Le point important à retenir, c’est que toutes les provinces n’ont pas les mêmes règles concernant les véhicules en circulation : certaines sont plus exigeantes que d’autres.

Plaque d’immatriculation du Québec

Pour couper court au suspense, le Québec est sans doute la province où il est le plus facile d’acheter une voiture, car il y a très peu d’obligations concernant les véhicules en circulation. C’est donc aussi la province où il est le plus facile de « se faire avoir » si l’on ne s’y connaît pas en mécanique.

En effet, il n’existe pas d’équivalent au contrôle technique au Québec, contrairement à de nombreuses autres provinces canadiennes. La règle est la suivante : tous les véhicules peuvent circuler, à condition qu’il n’y ait pas de défauts visibles (un certain nombre de défauts sont toutefois précisés par la loi). Si vous êtes arrêté et que l’agent constate un ou plusieurs défauts, il peut vous demander d’effectuer un contrôle mécanique dans un centre agréé, ce qui vous obligera soit à faire les réparations nécessaires, soit à vous séparer de votre véhicule.

Vous l’aurez donc compris : s’il n’y a pas de défaut visible, la voiture peut être vendue en toute légalité. Il faut donc être particulièrement vigilant, quitte à se faire accompagner par un garage ou un concessionnaire si l’on n’est pas sûr de soi.

Comment acheter une voiture au Québec : les démarches (plutôt simples) à réaliser

Les démarches pour acheter un véhicule au Québec sont assez simples. Bien sûr, il vous faudra dans un premier temps trouver la voiture et vous assurer qu’elle soit en bon état de fonctionnement. N’hésitez pas à demander à l’essayer afin de repérer d’éventuels défauts. Attention aussi à la rouille, qui est très présente sur les véhicules au Québec, l’hiver oblige. Pensez bien à regarder le dessous de la voiture au moment de l’achat.

Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec l’achat d’un véhicule d’occasion auprès d’un particulier, je vous conseille vivement de passer par un professionnel (garage ou concessionnaire). Vous paierez peut-être le véhicule un peu plus cher, mais vous bénéficierez, dans la plupart des cas, d’une garantie.

Concernant les prix, ils varient beaucoup selon le type de véhicule et son état. Pour vous donner un exemple, nous avons acheté une voiture à 1 000 $, soit environ 700 euros. La voiture était grande, mais en assez mauvais état (beaucoup de rouille et plusieurs pièces à changer). Nous avons fait les réparations nous-mêmes et fait le pari que la rouille ne serait pas un problème pendant l’année où nous avions besoin du véhicule. Pari gagnant, puisque nous l’avons gardée jusqu’à notre départ, et nous sommes même allés jusqu’à San Diego (près de 20 000 km). Si cette histoire vous intéresse, vous pouvez retrouver tous les détails dans mon article sur notre road trip aux États-Unis.

Néanmoins, si vous n’êtes pas du tout bricoleur, ni un minimum connaisseur en mécanique, je vous conseille de mettre un peu plus d’argent dans votre véhicule afin d’être plus tranquille. Lorsque nous y étions, les voitures en bon état commençaient généralement autour de 3 000 $ canadiens. Bien sûr, il s’agit d’une approximation, et les prix ont peut-être augmenté depuis. Rien de mieux que de se renseigner sur place, via Marketplace ou sur les sites de concessionnaires.

Panneau de la SAAQ

Une fois votre choix fait, il faut vous rendre dans un bureau de la SAAQ avec le vendeur. Il y a des bureaux partout au Québec. Je vous conseille de bien prendre rendez-vous à l’avance : nous ne l’avions pas fait, et cela a été un peu compliqué. C’est dans ce bureau que l’acheteur fait la déclaration de la vente et que l’on vous remet les nouveaux papiers du véhicule, l’équivalent de la carte grise, ainsi que la nouvelle plaque d’immatriculation.

Au Québec, les plaques changent à chaque fois que le véhicule change de propriétaire. Elles sont en effet payantes à l’année. Il vous faudra donc, à ce moment-là, payer la première année de votre immatriculation, puis renouveler le paiement les années suivantes.

Pour faire mettre le véhicule à votre nom, votre passeport ainsi que votre permis français suffisent. L’attente au bureau peut être un peu longue, mais la procédure en elle-même ne prend pas plus de 15 minutes. Une fois que vous avez les nouveaux papiers et la plaque, vous pouvez installer cette dernière sur la voiture et payer le vendeur. Et voilà, la voiture est officiellement à vous !

Assurer son véhicule au Québec avec un permis de séjour

Vous venez d’acheter votre véhicule au Québec, mais vous n’êtes pas encore en règle pour conduire sur la route. De la même manière qu’en France, il vous faut souscrire une assurance automobile.

Cette partie-là est un peu plus compliquée que l’achat de la voiture. En effet, les assurances au Québec se paient à l’année, et il n’est donc possible de souscrire une assurance que si vous avez un permis de séjour d’un an ou plus. C’est donc possible avec un PVT, mais pas avec un permis de séjour de six mois.

Ensuite, toutes les assurances n’acceptent pas de vous assurer si vous êtes en PVT, ni si vous n’avez pas encore de compte bancaire canadien. Pour contourner cette difficulté, nous sommes passés par un courtier en assurance, qui nous a trouvé un contrat plutôt abordable, que nous avons réglé par carte bancaire pour une année.

De mémoire, l’assurance de la voiture nous a coûté 250 $, et nous avons ajouté 70 $ au moment de notre départ pour les États-Unis afin qu’elle soit assurée là-bas. Il faut également ajouter la taxe d’immatriculation, qui dépend de la région québécoise dans laquelle vous immatriculez la voiture. Si vous repartez en cours d’année, vous recevrez un remboursement au prorata de ce que vous avez payé. Le chèque est arrivé directement chez moi en France. Quelques mois plus tard, certes, mais il est quand même arrivé !

Et lorsqu’on repart ? Que faire de son véhicule québécois ?

Dernière question qui se pose : que faire de sa voiture québécoise lorsque l’on rentre en France ? Et oui, impossible de la laisser sur le bord de la route.

Deux solutions s’offrent à vous :

  • Revendre le véhicule, de la même manière que vous l’avez acheté. Cette solution permet de récupérer au moins une partie de votre investissement. Attention toutefois à vous y prendre suffisamment à l’avance : vendre une voiture ne se fait pas en deux jours.
  • Mettre le véhicule à la casse avant de partir. C’est la solution que nous avons choisie. Notre voiture était vraiment en mauvais état à la fin du séjour. Nous l’avons donc revendue à une casse quatre heures avant de prendre l’avion, pour 475 $. Beaucoup de casses possèdent des sites en ligne, et vous pouvez les contacter à l’avance pour convenir d’un prix et du moment de la dépose. N’hésitez pas à négocier le prix qu’ils vous proposent.
Casse Kenny u Pull Montréal

Une fois la voiture déposée à la casse, on vous remet un papier de cession que vous devez soit déposer, soit envoyer à une agence de la SAAQ. Il est indiqué dessus que l’envoi n’est pas possible, mais n’ayant pas eu le temps de me rendre dans un bureau de la SAAQ, je l’ai quand même envoyé. Et ça a fonctionné. 

Le mot de la fin

Si vous restez longtemps au Québec, en dehors des grandes métropoles, je ne saurais que vous conseiller d’acheter une voiture, si vous en avez les moyens. Cela vous facilitera grandement la vie et vous permettra de découvrir au mieux la province dans laquelle vous vous installez.

Les démarches sont relativement faciles à réaliser, et les coûts (assurance et immatriculation) sont légèrement inférieurs à ceux que l’on connaît en France. À noter également que l’essence est beaucoup moins chère au Canada, ce qui rend l’usage quotidien de la voiture plus abordable.

Station service québécoise

En revanche, gardez en tête qu’au Québec, il n’est possible de conduire avec un permis français que pendant six mois. Au-delà de cette durée, il faudra effectuer les démarches pour obtenir un permis québécois, ou faire la demande avant votre départ d’un permis international.

En résumé, avec un peu d’anticipation et de prudence lors de l’achat, posséder une voiture au Québec peut vite devenir un véritable atout pour profiter pleinement de votre expérience… et prendre la route en toute liberté !

Si l’aventure québécoise vous fait de l’œil, n’hésitez pas à consulter mon article sur l’obtention d’un PVT pour le Québec !

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